
Marseille est plus grande que Lyon et compte dix fois moins de restaurants mexicains
Onze adresses mexicaines à Lyon, deux à Marseille — pour 886 040 Marseillais contre 519 127 Lyonnais. Vérification faite dans OpenStreetMap le 24 septembre 2026. Le contraste est le sujet, et il a une explication.
Voici deux villes françaises. La première compte 886 040 habitants, la seconde 519 127. La plus grande est Marseille.
Maintenant comptez les restaurants mexicains. Lyon : onze adresses. Marseille : deux, et elles appartiennent à la même enseigne.
Rapporté à la population, cela fait 2,12 adresses pour 100 000 habitants à Lyon, contre 0,23 à Marseille — un rapport de plus de neuf pour un, en défaveur de la ville la plus peuplée.
Ce n'est pas une impression. Nous avons vérifié chaque adresse dans OpenStreetMap le 24 septembre 2026, et les chiffres de population viennent de l'API officielle du découpage administratif français.
Lyon, arrondissement par arrondissement
| Arrondissement | Adresses | Enseignes |
|---|---|---|
| 1er | 3 | El Sombrero, GoMex Cantina, Los Primos |
| 2e | 3 | Moneda, Mulli, Two Amigos |
| 3e | 2 | Piquin, Torta |
| 4e | 2 | Alebrije, Milpa |
| 6e | 1 | Suelta Verde |
S'y ajoute une douzième adresse dans la métropole mais hors de la commune : un second Two Amigos à Villeurbanne, rue Paul Verlaine.
Deux choses ressortent.
La concentration sur la Presqu'île. Les 1er et 2e arrondissements réunissent six des onze adresses — rue Pizay, place du Forez, rue Mercière, rue de la Monnaie, rue Henri IV. C'est le cœur touristique et nocturne de Lyon, et c'est là que le mexicain s'installe.
Le pôle de la Croix-Rousse basse. Milpa, 2 rue de Belfort, et Alebrije, 1 rue Justin Godart, sont dans le 4e, dans le quartier du Gros Caillou — à quelques centaines de mètres l'un de l'autre. Deux restaurants mexicains voisins dans un arrondissement résidentiel, ce n'est pas courant.
Marseille : une enseigne, deux adresses
À Marseille, notre recherche ne remonte qu'un seul nom : Un Mexicain à Marseille, présent à deux adresses :
- 47 avenue Robert Schuman, quartier de La Joliette, 2e arrondissement
- 5 place Paul Cézanne, quartier de La Plaine, 6e arrondissement
Nous avons cherché « taqueria » et « El Mexicano » à Marseille : aucun résultat.
La deuxième ville de France, 886 040 habitants, et une seule enseigne mexicaine identifiable dans la base.
Nous devons être précis sur ce que cela veut dire. OpenStreetMap est une base collaborative : un établissement non saisi par un contributeur n'y figure pas. Il est parfaitement possible qu'il existe à Marseille des adresses mexicaines que nous n'avons pas trouvées. Ce que nous affirmons est plus étroit, et c'est déjà beaucoup : avec la même méthode, le même jour et les mêmes requêtes, Lyon rend onze adresses et Marseille deux. L'asymétrie de méthode est nulle ; celle du résultat est de un à neuf.
Pourquoi Lyon plutôt que Marseille
Nous n'avons pas de démonstration. Nous avons deux faits sourcés et une hypothèse, et nous allons vous dire lequel est lequel.
Premier fait : Lyon est la capitale du « tacos » — l'autre. Toutes les versions publiées de l'origine du french tacos, si elles divergent sur l'auteur et l'année, s'accordent sur une région : Rhône-Alpes. Vaulx-en-Velin, Villeurbanne, la banlieue lyonnaise, Saint-Martin-d'Hères près de Grenoble. Lyon a donc un public déjà habitué à associer le mot « tacos » à un repas du soir — même si ce qu'on lui a vendu n'était pas mexicain. C'est une acclimatation du vocabulaire, et elle a probablement servi de porte d'entrée.
Deuxième fait : Lyon est une ville étudiante, et la migration mexicaine en France est étudiante. Sept des dix nouveaux titres de séjour délivrés à des Mexicains en France le sont au titre des études — 2 366 sur 3 373 en 2025. Les villes universitaires captent cette population. Marseille en est une aussi, mais la géographie de la restauration indépendante marseillaise ne s'organise pas autour d'elle de la même façon.
Troisième piste, et c'est une hypothèse, pas un fait : la niche que le mexicain occupe ailleurs — une cuisine populaire, épicée, à partager, à prix modéré — pourrait déjà être occupée à Marseille par les cuisines de ses propres vagues d'immigration. Nous n'avons pas de mesure pour l'étayer, et nous ne la présentons donc pas comme une explication, seulement comme une piste.
Les deux premiers points reposent sur des sources ; le troisième non. Nous les distinguons plutôt que de tout servir sur le même plateau.
Le vrai problème n'est pas le restaurant. C'est l'épicerie
Voici le point qui change tout pour quelqu'un qui cuisine.
Au 24 septembre 2026, nous n'avons pu vérifier l'existence d'aucune épicerie mexicaine dédiée à Lyon. Ni à Marseille. Ni à Bordeaux, Lille, Strasbourg ou Nantes. Les seules villes françaises où nous avons pu en confirmer sont Paris et Toulouse.
Lyon a onze restaurants mexicains et zéro épicerie mexicaine vérifiable.
C'est moins paradoxal qu'il n'y paraît. Un restaurant s'approvisionne en gros, chez des importateurs, et n'a pas besoin d'un commerce de détail dans sa ville. Une épicerie, elle, a besoin d'une clientèle régulière qui vienne acheter un kilo de farine et trois piments — et cette clientèle-là, avec 14 183 titres de séjour mexicains pour toute la France fin 2025, n'existe pas en densité suffisante ailleurs qu'à Paris.
Ce qui reste, concrètement, si vous cuisinez à Lyon ou à Marseille :
- La vente en ligne. C'est la voie normale, pas le pis-aller. Les catalogues de piments secs les plus complets que nous ayons pu consulter en France sont ceux de vendeurs en ligne, et la boutique physique la mieux fournie que nous ayons vérifiée est à Toulouse, pas à Paris.
- Les épiceries asiatiques, pour une partie des besoins. Pour Lyon, l'adresse vérifiée est Paris Store, 8 boulevard Irène Joliot-Curie à Vénissieux, dans la métropole — quartier du Moulin à Vent. L'enseigne a aussi un magasin à Toulouse, rue Paul Gauguin. On y trouve des produits utiles — feuilles de bananier, piments séchés asiatiques —, mais ce n'est pas un rayon mexicain, et nous n'avons pas pu vérifier leurs catalogues en ligne, qui ne sont pas navigables.
À noter : l'autre grande enseigne asiatique, Tang Frères, ne remonte aucun résultat à Lyon. C'est cohérent avec ce que nous savions — ses magasins sont en Île-de-France.
- La grande distribution, pour le basique : tortillas de blé, haricots noirs en conserve, chipotles en boîte. Pas pour la masa, pas pour les piments frais, pas pour l'epazote.
Avant de chercher un site web, lisez ceci
Nous avons testé le nom de domaine d'un restaurant mexicain lyonnais le 24 septembre 2026 : alebrijelyon.fr. Il ne mène plus au restaurant. Il redirige vers epicwin138kuat.com, un site de jeux en ligne.
Ce n'est pas un cas isolé. Le même jour, sur huit noms de domaine de restaurants mexicains français que nous avons ouverts, sept redirigeaient vers des sites de casino, de paris ou d'IPTV. Un restaurant ferme ou change de main, le domaine expire, quelqu'un le rachète pour son ancienneté aux yeux des moteurs de recherche.
Le restaurant Alebrije, lui, figure bien dans OpenStreetMap au 1 rue Justin Godart. C'est son ancien site qui a changé de propriétaire, pas le restaurant qui s'est transformé en casino.
Fiez-vous à une carte ou à un compte social actif. Pas à un nom de domaine.
Ce que nous n'avons pas vérifié
- L'exhaustivité. Nous avons cherché des noms que nous connaissions déjà, plus quelques termes génériques à Marseille. Nous n'avons pas interrogé la base pour lister tous les établissements mexicains de ces deux villes.
- Si ces restaurants sont ouverts aujourd'hui. OpenStreetMap enregistre une adresse, pas une activité en cours. Un établissement fermé il y a trois mois peut encore y figurer.
- La qualité, la carte, les prix. Nous n'en disons pas un mot, parce que nous n'y sommes pas allés.
- Le statut de « Suelta Verde ». Notre relevé antérieur indiquait qu'une enseigne lyonnaise nommée Suelta était devenue « Californian ». OpenStreetMap renvoie « Suelta Verde », Cité Internationale, dans le 6e. Nous ne savons pas s'il s'agit du même établissement, et nous le signalons plutôt que de choisir.
- Grenoble, Saint-Étienne, Villeurbanne au-delà de Two Amigos. Hors périmètre de cette vérification.

Fondateur, Recetas Mexas
Mexicain de Puebla, professionnel de l'informatique et passionné de cuisine. Auteur de plus de 1 250 recettes mexicaines authentiques adaptées aux cuisines du monde entier. Vit à Madrid depuis 2018.
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